Prise en charge du syndrome de congestion pelvienne

Le syndrome de congestion pelvienne (SCP) n'est pris en charge que lorsque les varices pelviennes provoquent des symptômes compatibles. Dans 70 % des cas les varices pelviennes sont asymptomatiques et n'ont pas à être traitées.

Traitements médicaux symptomatiques

Différents médicaments peuvent être prescrits pour soulager les symptômes, notamment la douleur. Le médecin doit vous informer des bénéfices et des risques des différents médicaments proposés.

L’automédication est déconseillée. Cette partie n’a qu’une visée informative et ne remplace aucune consultation médicale.

Exemples de médicaments :

• Les veinotoniques (phlébotoniques) et les vasculoprotecteurs utilisés dans le traitement des troubles veineux, dont le SCP. L’on peut notamment citer le Daflon® qui a fait l'objet d'études dans le SCP, les varices vulvaires et les hémorroïdes.  

• Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour soulager l’inflammation et la douleur. Il faut respecter strictement les dosages et éviter d’en consommer à long terme pour ne pas endommager l’estomac, les intestins et le foie. Ils peuvent être associés à un protecteur gastrique.

• Les antalgiques comme le paracétamol pour les douleurs pelviennes légères à modérées mais dont l’efficacité sur le SCP n’est pas prouvée. En outre, le paracétamol n’est pas anodin puisqu’un surdosage peut endommager le foie.

• Les opiacés et opioïdes (ex : morphine, codéine, et Tramadol) peuvent aider en cas de violentes douleurs, notamment en post-opératoire. Leur utilisation doit rester strictement limitée et encadrée car il y a un risque élevé de dépendance. En outre, à long terme, ils rendent les nerfs plus sensibles et donc amplifient le message de douleur.

• Les antidépresseurs et les antiépileptiques qui agissent sur les douleurs neuropathiques et l’hypersensibilisation pelvienne. Ils nécessitent un dosage précis, souvent à ajuster. Il convient d'être suivi.e par un algologue ou dans un centre anti-douleur et de surveiller les éventuels effets secondaires.

• Les contraceptifs et traitements hormonaux pourraient être intéressants lorsque les symptômes sont fortement exacerbés à l'ovulation et en période prémenstruelle.  Certains traitements comme le Danazol, l’acétate de médroxyprogestérone, les agonistes de la GnRH ou l’Implanon ont montré une efficacité à court terme dans de petites études, mais les données ne sont ni convaincantes ni consistantes pour confirmer leur efficacité à long terme. Dans tous les cas, ces traitements présentent des effets secondaires et des contre-indications, et leur usage doit faire l’objet d’une évaluation bénéfices-risques avec un médecin. 

Prise en charge opératoire 

Le traitement de première intention des troubles veineux pelviens, pour les reflux et les varices, est l’embolisation réalisée par un radiologue interventionnel. Cette procédure, réalisée en ambulatoire, consiste à obstruer les veines responsables des reflux veineux et parfois les varices elles-mêmes. Elle ne devrait être envisagée que chez les patients très symptomatiques ou ayant une qualité de vie dégradée malgré une prise en charge holistique.

Selon les cas, l'embolisation peut être remplacée ou complétée par une sclérothérapie des varices génitales.

En présence, à l’imagerie d’un syndrome de compression vasculaire (Nutcracker ou May-Thurner), une intervention ne devrait, là aussi, être envisagée qu’en cas de symptômes très importants ou de dégradation importante de la qualité de vie, malgré des mesures conservatrices mises en place en première intention (contention, kinésithérapie, activité physique adaptée, diététique, outils naturels de gestion des douleurs et médicaments).

Si une intervention reste nécessaire, une angioplastie (avec ou sans mise en place d’un stent) peut être proposée, parfois associée à une embolisation, par un radiologue interventionnel. Un traitement chirurgical peut également être envisagé.

Dans tous les cas, il est conseillé de consulter un chirurgien vasculaire expert de ces maladies avant toute intervention car à l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement officiel de ces compressions et les solutions demeurent expérimentales. De plus, ces compressions peuvent être associées à d’autres syndromes compressifs, comme Wilkie et Dunbar, ce qui influencera la prise en charge.

Aucune de ces interventions n’est miraculeuse et des récidives sont possibles. Un suivi à long terme est nécessaire pour ajuster le traitement et surveiller l’évolution des symptômes.

En fonction des besoins de chaque personne, ces interventions doivent être associées à une prise en charge post-opératoire (en raison des syndromes inflammatoires qui peuvent survenir), à des outils médicamenteux et non-médicamenteux de gestion de la douleur, à de la kinésithérapie pelvi-périnéale, à de l’ostéopathie, à un soutien psychologique, au port de contention et à des mesures d’hygiène de vie, dont la diététique et la naturopathie.

Il ne faut pas hésiter à prendre plusieurs avis avant une intervention et à dresser une liste de questions à poser à chaque rendez-vous sans avoir à craindre de les poser. Vous devez être en mesure de faire un choix éclairé. C’est de votre santé dont il s’agit.

Conclusion 

N'hésitez pas à vous rapprocher des associations pour demander conseil : Syndrome de congestion pelvienne France et Espoir de Noisette pour les syndromes de compressions vasculaires (Nutcracker, Cockett, Wilkie et Dunbar).