Définition
Le syndrome de congestion pelvienne (SCP) est une pathologie veineuse complexe liée à une insuffisance veineuse pelvienne. Il n'existe pas encore de consensus sur sa définition, mais on s’accorde à dire qu’il correspond à l’ensemble des symptômes provoqués par des varices pelviennes.
Une varice est une dilatation anormale d’une veine qui n’assure plus efficacement son rôle de ramener le sang vers le cœur. Si on parle couramment de varices pelviennes, en réalité, il peut y avoir des varices périnéales, des varices vésicales, des varices rectales, des varices vulvaires, des varices fessières, des varices à l’intérieur des cuisses et à l’arrière du genou etc.
Dans 70 % des cas, ces varices pelviennes sont asymptomatiques ; il n’y a alors ni SCP ni problème nécessitant une prise en charge. Ce qu'il faut regarder c'est si le retour veineux se fait efficacement ou non (en dépit des varices).
Pour parler de SCP, il faut que la présence de ces varices entraîne des symptômes d’origine veineuse.
Ce syndrome est impliqué dans 30 à 40 % des douleurs pelviennes chroniques de la femme. Un homme peut également en souffrir, notamment sous forme de varices et de varicocèles.
Ces varices sont le plus souvent, mais pas exclusivement, causées par une compression d’une veine profonde et/ou un reflux des veines gonadiques (veines ovariennes ou testiculaires) et/ou des veines pelviennes (veines iliaques et leurs affluents).
Le Dr Charles Mastier, intervenu lors du webinaire Tout savoir sur les varices pelviennes, organisé le 20 juin 2023 par Embolyon, explique que les varices pelviennes apparaissent à cause :
- d’une dilatation et d’un reflux primaire des veines gonadiques (veines ovariennes ou testiculaires) ou des veines iliaques internes, entraînant une stagnation du sang dans le pelvis au lieu de remonter vers le cœur ;
- et/ou d’un obstacle au retour veineux (d’origine congénitale ou acquise) : syndrome de Nutcracker, syndrome de May-Thurner, compressions par des tumeurs ou encore des veines occluses à la suite de thromboses ou de variantes anatomiques. Lorsqu’une veine est comprimée ou bouchée, pour une raison ou une autre, le sang peut être bloqué ou dévié, ce qui peut entraîner un reflux secondaire dans une autre veine incapable d’absorber ce surplus, et/ou une stagnation veineuse.
En cas de symptômes veineux pelviens, les compressions vasculaires (comme Nutcracker et May-Thurner) et les variantes anatomiques doivent être systématiquement recherchées, car la prise en charge sera différente.
Symptômes
Liste de symptômes possibles :
- douleur pelvienne chronique, c’est-à-dire depuis plus de trois à six mois, avec notamment une sensation de pesanteur et de lourdeur pelvienne pouvant irradier entre les jambes et dans les cuisses ;
- sensibilité ou douleur à un point ovarien (souvent à gauche) retrouvée à la palpation ;
- douleur au flanc gauche (vérifier la présence éventuelle d’un syndrome de Nutcracker) ;
- douleur accentuée par la position debout ou assise prolongée ;
- douleur accentuée par l’activité et soulagée en s’allongeant ;
- douleur et lourdeur des jambes, impatience, démangeaisons, œdèmes, claudication veineuse (vérifier la présence éventuelle d’un syndrome de May-Thurner) ;
- douleur pendant ou après les rapports sexuels (dyspareunies), en particulier après la pénétration ou un orgasme (de quelques minutes à plusieurs jours) ;
- douleur non-cyclique, mais pouvant être accentuée à l’ovulation, la semaine précédant les règles, et durant les premiers jours des règles ;
- abdomen gonflé ;
- ballonnements, troubles digestifs et/ou du transit (constipation, diarrhée ou alternance des deux) ;
- troubles urinaires : envie pressante et fréquente d’uriner avec ou sans douleurs ;
- douleur autour du vagin et de la vulve (avec ou sans varices vulvaires), picotements dans cette zone, hyperexcitabilité génitale ;
- douleur testiculaire ;
- douleur au rectum pouvant être accentuée à la défécation ;
- hémorroïdes ;
- présence de sang dans les urines (vérifier la présence éventuelle d’un syndrome de Nutcracker) ;
- douleurs sacro-lombaires ou fessières ou dans le pli de l’aine ;
- syndrome de tachycardie posturale (PoTS) ;
- fatigue physique en fin de journée ;
- anxiété et/ou dépression ;
- impact possible sur la vie professionnelle, la vie sociale et la vie de couple.
On comprend avec cette liste de symptômes possibles que les manifestations cliniques du SCP sont très variées et vont varier d'une personne à l'autre. En outre, les symptômes ne sont pas tous spécifiques à ce syndrome.
J’attire votre attention sur le fait que si vous vous reconnaissez dans l’un des symptômes décrits, cela ne suffit pas à dire que vous avez un SCP. Seul un médecin pourra poser un diagnostic.
Facteurs de risque des troubles veineux pelviens (non exhaustif)
- Grossesses multiples.
- Compressions, variantes anatomiques et malformations veineuses (Nutcraker, May-Thurner...). Pour les compressions vasculaires, voir Association Espoir de Noisette.
- Terrain familial (varices).
- Adhérences post-chirurgicales ou infectieuses qui vont perturber le réseau veineux.
- Maladies inflammatoires (endométriose, adénomyose, cystite interstitielle...), SOPK et fibromes utérins qui peuvent perturber le réseau veineux,
- Syndromes d’Ehler-Danlos et hyperlaxité (fragilité des vaisseaux),
- Facteurs hormonaux dont l'hyperestrogénie qui peut favoriser la dilatation des veines et l’insuffisance veineuse et augmenter la sensibilité à la douleur,
- Constipation chronique etc.
Diagnostic
Le diagnostic repose à la fois sur des critères cliniques – soit des symptômes pouvant être attribués à une insuffisance veineuse pelvienne – et sur des critères d’imagerie. En première intention, l’écho-Doppler (abdominal et des membres inférieurs) et l’IRM sont les examens privilégiés.
En fonction des besoins, un scanner (pour l’évaluation des obstructions veineuses et des variantes anatomiques) et une phlébographie pourront être réalisés en complément.
Je vous invite à consulter l’annuaire de l’Association du Syndrome de congestion pelvienne.
Il ne faut pas hésiter à faire relire les examens déjà faits en cas de doute, soit par un autre angiologue ou radiologue soit sur le site Deuxième avis.
